Histoire d’enfant…

Je suis en retard pour le rendez-vous mensuel Histoiresexpatriees. Le mot du mois est La Poésie…. pour moi ce sujet est difficile à traiter, j’ai toujours trouvé les rimes compliquées, qu’il fallait vraiment avoir un esprit perspicace, trouble pour trouver des mots aux terminaisons ressemblantes, qui signifient autre chose, tout en gardant le fil de l’histoire…. voilà je me suis déjà emmêlé. Bref, Ophélie (son article), marraine du mois, qui se trouve actuellement en Ecosse, nous raconte poétiquement les paysages de ce pays mystique. Ainsi que les poètes qui ont probablement été inspirés par ces Landes brumeuses où l’imagination pouvait prendre le large. Aussi Lucie (Blog occhiodilucie.com et L’article du mois), celle qui a fait que ce rendez-vous soit une avalanche de poésie venant des 4 coins du monde. Elle vit en Italie et propose une poésie d’écritures murales, mais tellement géniale. On ne s’en rends pas compte, mais en lisant ces phrases dans la rue, chaque jour sur le chemin de l’école ou du travail, est un pur message positif… La vita è bella!

Puis il y également Cicca&Cerva (ICI), Karine (ICI), amoureuses de leur ville, et les mots doux de Pauline (ICI) pour un merci a la vie, aux paroles qui décrivent la simplicité du quotidien.

Et moi dans tout ça ???

Depuis plusieurs années je cherchais le moment adéquat, l’instant propice pour dévoiler l’écriture et décrire les états d’âmes d’un enfant d’émigrés italiens, écorché par la vie. Ça pourrait faire partie de la catégorie « Je me souviens… » car au début des années 80 ce n’était pas usuel de prendre un avion pour s’exiler dans un pays lointain, un pays tropical où on parle une autre langue, où on vit autrement, où la chaleur accablante est constante toute l’année. Puis revenir quelques années plus tard, à la saison hivernale, ressentir un froid transperçant les os, dans son pays d’origine, l’Italie, être obligé de subir une séparation familiale obligatoire à cause des lois injustes d’un autre pays soit disant d’accueil, mais qui n’accepte que les individus travailleurs. Les enfants? trop cher, ils restent au pays!

Donc imaginez un esprit tourmenté, en pleine croissance, avec des émotions a fleurs de peau, des parents absorbés par les préoccupations et des potes pour la vie !! Une énergie à casser des murs… et une sensibilité pure qui se transforme petit a petit en appartenance au mouvement naissant des années 90….

C’est a ce moment que la seule manière pour ne pas devenir fou, mais aussi pour cet amour des mots, d’une passion pour la langue française. Peut-être aussi montrer, que malgré les différences, les barrières ou les obstacles on peut devenir un jongleur de rimes, un manipulateur de paroles pour faire passer son message, Le Message. Cet adolescent qui ne voulait pas grandir, aux valeurs sans faille, justiciers des faibles, a dû abdiquer face à la société… embarqué dans les rues sombres d’une vie nocturne, menant un combat sans fin avec les démons qui le poursuivent… Les ailes coupées par une communauté trop directive, sans liberté de mouvement.

Reste ses mots, ses écrits qui résonnent dans le vide, qui font écho contre les murs de la constitution, mais qui restent gravés, forts et puissants dans les esprits de ceux qui les ont lus ou dans le cœur des personnes qui le côtoient….

Le cercle de la vie

En étant tout petit le temps paraît un rêve
Mais petit à petit avec le temps, tout disparaît tout s’achève
Les convictions s’effritent tout va si vite
Que tu le veuille ou pas en un clin d’œil
Tu te réveille t’es mis au pas
Sans aucun accueil
Sous aucune escorte
Sur le seuil d’une porte
On te porte à faire un choix

Les voies pullulent, les doutes s’accumulent
Des voix murmurent et te figent
Le recul est loin, bien loin de la réalité
En vérité

Les murs psychiques s’érigent
Des tics pathétiques t’affligent T’infligent des déclics cyniques

D’aventures en mésaventure
Du pur à l’impur
D’erreur en erreur
L’horreur t’écœure

Un pleur t’effleure
Savoure la peur
Au fur et à mesure
La torture prend ampleur

Une usure sans cure
Qui te mesure à l’obscur
Des tentacules t’acculent
A franchir des sites interdits
Des rites assortis
Des limites illicites
Qu’incitent à l’oubli

Plus de points de repère
Plus de barrière de rétention
Une guerre des nerfs
Une damnation qui désespère
Une atmosphère qui atterre

Comment faire
Quand t’es pris part la sphère
Tu n’es plus le même
Tu n’es plus à même de tenir un thème
Il y a comme un problème

Images qui défilent
Vie qui te dépasse
Tu deviens sénile
Souvenirs qui s’effacent et te lancent à la poursuite pense un peu à la suite

En étant tout petit le temps parait un rêve Mais petit à petit avec le temps…

Tout disparaît tout s’achève!

KyesMC,

(date supposé d’écriture entre 94 et 97)

2 réflexions sur “Histoire d’enfant…

  1. Je n’ai pas autant de souvenirs que toi sur mon enfance, sans problèmes particuliers. Le grand changement est arrivé en 1980 quand j’ai quitté le Nord, le vrai, le 59 pour aller vivre au soleil de Provence avec mari et enfants. C’était le même pays mais déjà quelle différence de coutumes et de langage !

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