Hilorico, pourquoi?

Comme personne ne m’a jamais demandé pourquoi… Ben je vais quand même vous raconter le fil de l’histoire.

Déjà depuis les temps modernes, le rêve quand rien ne va plus! « Je lâche et je pars ». Certain l’ont fait au coin d’une rue, un jour au lieu d’aller acheter le paquet de cigarettes, ils ont continué de marcher, marcher, marcher… et fuit la réalité. Nous aussi on rêvait de lâcher, pas forcement pour fuir la réalité, mais plutôt pour que notre vraie nature corresponde plus à notre image. Sauf que les défis pour Tic et Tac, c’est plutôt « chiche que t’as pas le coup », alors on s’est dit pourquoi pas essayer de faire tout ce que les autres disent…. (et ne font pas) … Et on a rêvé, planifié, imaginé, cherché le moyen à tout prix. Et de fil en aiguille, progressivement, nous avons construit, amplifié de plus en plus notre envie de voir autre chose, d’avoir le courage de faire un saut, LE saut, le voyage tan désiré de toute une vie.

Les deux dernières années en Suisse ont été difficiles, beaucoup de changements professionnels, un ras le bol de la routine, les boulot-dodos devenaient pesant, incompréhensions, inégalités, jalousies, favoritisme… on n’en pouvait plus!! Alors de plus en plus on tirait sur la corde, pour démêler les nœuds, analyse de sois, travail personnel, prise de conscience de notre état végétatif. A l’aube de notre demi siècle, nous avons profité de notre crise existentielle pour nous envoler, pour de vrai! On a atterri au Costa Rica.

J’avais pris des notes, je voulais me souvenir pour n’oublier aucun détails, j’ai bien pensé qu’au début d’une expatriation, en débarquant dans un pays, on n’aurait pas forcément beaucoup de travail, enfin le travail était de prendre ses marques, observer, faire connaissance des vraies réalités, vivre à un autre rythme. Se reposer l’esprit, prendre de la distance, s’éloigner du train-train de notre vie d’avant…. Maintenant avec le recul, je sais que j’ai vécu pleinement ces moments, du moins le plus possible. Chaque instant était comme une aventure, une découverte, la vie autour de nous si présente, si vivante!!

Les premiers jours ont directement donné la cadence de ce qui nous attendait quotidiennement… Une aventure! et le fil en lien avec cette aventure nous l’avons découvert dans l’océan.

Habiter a seulement 500m de la plage, c’est le désir ultime… Le pouvoir de décider en moins de secondes que s’enfiler une paire de tong, ramasser son linge et se retrouver direct dans les vagues… Oui! C’était ce que nous avions mérité, le courage, la persévérance, la vaillance, les choix et l’ espoir qu’un jour le fil de notre vie nous amènerai dans un coin de paradis. Sable noir, palmiers, quelques roches qui sortaient a marée basse, parfois des troncs échouées sur le sable et des couchés de soleil chaque jour époustouflants….

Je disais donc, un de ces premiers jours ou nous nous sommes jeté à l’eau, comme ça, libre et heureux, nous avons eu une petite surprise. L’eau était piquante… nous avions comme des fils qui s’enroulaient autour de nos bras et de nos jambes… On n’a pas fait long avant de sortir, un peu déçu, mais surtout rempli d’interrogations. Il y avait un pêcheur sur la plage qui arrosait les palmiers, pied nu dans le sable, tranquille, observant l’horizon, ses enfants jouaient, libres au vent. Une fin de journée habituelle, lorsque la chaleur fait place à la douceur, au moment ou les oiseaux se retrouvent pour raconter leurs histoires en piaillant comme des mégères, avant de se taire au moment ou l’obscurité s’installe. Avec mes quelques mots d’espagnol, je me suis approchée pour me rincer les jambes, la douleur et la brulure me démangeaient énormément. Il a dit a plusieurs reprises la raison, mais je n’ai pas compris tout de suite… Il a essayé de m’expliqué qu’il y avait quelque chose dans l’eau qui provoquait cela. C’était nouveau et le début des découvertes tropicales, aquatiques du pays!! Les terrestre et aérienne n’ont pas tardées de beaucoup, d’ailleurs!

En rentrant, hop à la recherche de ce qui nous avait tant électrocuté, j’ai fais une belle découverte:

Hilo Rico est considérée comme une fausse méduse , aussi appelée « Agua mala »
Les mouvements de la méduse sont lents, entraînée par les courants marins et la contraction des muscles de son ombrelle la propulse par bonds.
La méduse est le seul être vivant dont on ne comprend pas le vieillissement. Grâce à ses capacités régénératrices, les scientifiques la considèrent comme… immortelle !

Il n’y a pas beaucoup d’information su ce type de méduse, mais elle est certainement très présente dans les eaux du pacifique, particulièrement au Costa Rica. C’est une toute petite espèce, transparente, avec des filaments très long tel des fils, d’où sont nom. Elle nage surtout à la surface de l’eau et ses tentacules s’enroulent autour de bras très facilement. D’ailleurs tous les costariciens se baignent toujours habillés, c’est le meilleurs moyen de rester dans l’eau sans rentrer brulé au 2° degré…..

Donc voici comment m’est venue l’idée du nom qui me suis depuis bientôt 5 ans… le fil qu’Ariane a donné à Thésée son bienaimé pour être sûre qu’il ne s’égare pas, ce fil qui l’a aidé a ne pas perdre confiance, ce lien qui relie deux points, deux endroits, qui unis nos sentiments, les personnes auxquelles nous sommes attachée. Ce fil qui guide les maçons pour construire un mur droit, une route, la line directrice de notre vie….

Ce fil (hilo) Rico (bon, savoureux, riche, positif…)

Qui nous guide encore aujourd’hui tout au long de notre chemin. Nous avons pris des décisions, parfois directes, parfois détournées, mais le destin a toujours été là, au coin de la rue… Et les récits que je vous raconte sont le fil de l’histoire que nous vivons depuis notre départ….