La Maladie invisible

Cet article fait partie d’une catégorie appelée Le Livre des Secrets. Ce sont des récits autobiographique, de passages de ma vie que j’ai voulu oublier, puis comme je n’y arrivais pas, je les expie en les écrivant, qui sait? Ça pourrait peut être aider d’autres personnes à s’ouvrir, comprendre, accepter ou se sentir moins seules. Pour les mots de passe de certains articles, allez sur la page.

Petit retour à la maladie….

Petite question, si un choc psychologique peut déclencher un désordre immunitaire, il est probable que le désordre psychologique engendré, demeure… Ce n’est que 7 ans plus tard, que j’en ai pris conscience, dans la salle de réveil de l’hôpital de la Chaux de Fonds. Comme une libération, le vilain mal m’avait quitté, 3 heures d’opération minutieuse pour être sûr de ne laisser aucune séquelles, de la glande atrophiée par le iode radioactif, qui avait donné du fil à retordre au chirurgien. Je me suis réveillée avec le médecin qui m’avait suivie (ou supportée) tout au long de ces années, me tenant la main avec un grand sourire de satisfaction et compassion.

Pourquoi la décision fut difficile a prendre? N’a t on pas toujours l’espoir de guérir ? Je pensais être plus forte qu’elle, que ça n’arrive qu’aux autres, et non! Chutes après rechutes, je tombais toujours plus bas, mon corps prenait à chaque fois une décharge en plus. Ensuite j’ai aussi compris que ça tordait mon psychique, ce qui m’a empêché de gérer la maladie, le quotidien au présent. Il y avait des situations qui me donnaient de fortes angoisses, les palpitations sortaient de mon corps, je paniquais et je tremblais. J’ai même eu des psychoses… Disons plutôt que ma sensitivité s’est un peu accentuée, encore maintenant je n’ai pas réussi à la maîtriser, imaginez quand ça devient très prononcé, terrifiant. Lorsque je commençais à avoir des sensations, des soupçons… Mon cœur partait en Tilt, je ne maîtrisais plus mon intérieur, mon corps me trahissait, souvent je craquais juste avant de suffoquer de la douleur émotionnelle. Sans parler des crises de larmes ou de colère, des sentiments d’infériorité ( séquelles antérieures qui n’ont pas pu être soignées durant cette période), accompagné d’une hyperactivité permanente. et mauvaise gestion du stress.

Toute cette période n’a pas été facile à gérer pour personne! Entre une vie familiale, 3 filles adolescentes, une séparation conflictuelle (lire Il était une fois), un compagnon de vie qui essayait lui aussi, tant bien que mal, de se sortir de ce monde de brutes….L’unique passe-temps a été de rénover la maison que nous avions acheté (lire ici), faire des spectacles de danse et avoir un bébé…. qui nous a aussi montré que la vie ne tient qu’à un fil… De gérer le quotidien du mieux possible entre les crises, de s’offrir tout de même des vacances, seul ou à 5, voir 6 ou 8!! (je me souviens du retour de notre premier voyage en Espagne avec une Seat break jaune, Ametlla del Mar en octobre 2005. On achetait des poulets à faire au grill et Tac jouait aux guignols de l’info avec la tête du poulet sur le plan de travail. On s’est fait remorquer la voiture à la fourrière de Tarragona et on a vu un million de flamants Rose au delta de l’Ebre. Le retour chargé à bloc!! Pire encore que ceux du sud de l’Italie, un jambon sous les fesses, une statue entre les filles et une couche de duvet comme siège… (les sardines? c’était rien!!). C’est vrai que Tac a toujours mis de la joie et de la bonne humeur pour oublier nos tracas, jusqu’à ce que je n’en puisse plus des effets de ce mal qui me rongeait de l’intérieur, un jour il m’a accompagnée chez le médecin et main dans la main je lui ai dit: « Je suis prête! Vous pouvez m’enlever cette partie de moi qui est détraquée! J’ai peur, mais c’est moi ou elle….. »

Donc comme j’explique plus haut, ce jour est arrivé enfin! Cet instant ou je me suis débarrassée de la petite glande thyroïde, logée juste au creux de mon cou. Une cicatrice invisible au milieu des plis naturels de la peau. Je ne la vois même plus. A cette date précise ou je suis née pour la 3ème fois ( la 2ème, je vous le raconterai une autre fois), ma vie à changé complètement, cette épée suspendue su dessus de ma tête à disparu. Cette naissance était plutôt un soulagement, un poids en moins sur les épaules, la délivrance de mon esprit, de mon âme, de mon cœur, comme si tout avait été délaissé pendant des années, dans la boite très étroite, que j’essayais de remplir comme une contorsionniste, m’adaptant aux angles, m’empêchant de respirer correctement. depuis ce jour j’ai commencé à voir plus clair, j’ai ouvert les yeux…. malheureusement (heureusement pour moi) ce que j’ai vu n’était pas très joli, le parcours en avait laissé des traces bien profondes, j’ai du remettre de l’ordre dans ma vie, des relations externes à mon noyaux et petit à petit j’ai du trier, faire le ménage…. Tout le toxique à nettoyer, accepter, gérer, se recentrer, s’aimer, voir le bien, se féliciter et vivre pleinement. A ce moment précis le futur s’est ouvert…. c’était l’automne 2011

Aimer, c’est espérer tout gagner en risquant de tout perdre, et c’est aussi parfois accepter de prendre le risque d’être moins aimé que l’on n’aime. – Guillaume Musso ,Que serais-je sans toi ?

2 réflexions sur “La Maladie invisible

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