Mon integration…. #HistoiresExpatriées

Après 3 ans de vie au Costa Rica
Je ne me considère pas intégrée.
Après 1 mois de séjour en Espagne
(Andalousie en particulier)
je me sens chez moi.

Au départ, le thème du mois de décembre ne m’inspirait pas…. j’avais l’impression de devoirs parler du même sujet rébarbatif, la vie au Costa Rica, qui n’a pas été à la hauteur de nos attentes. Encore plus depuis l’arrivée en Espagne qui nous fait reprendre confiance.

Puis ça m’a quand-même titillé et je vais plutôt me pencher sur un autre aspect de l’intégration proprement dite, celui que l’on perçoit aux différentes étapes d’une vie, aussi comme une réflexion que je n’ai cessée de me faire durant ma vie (je crois…).

«Cet article participe au RDV #HistoiresExpatriées organisé par le blog L’occhio di Lucie ». La marraine de ce mois est Eva du blog frenchynippon le quotidien au Japon. Article

 

Tout d’abord, je pense que la fusion avec le peuple autochtone n’est pas juste une recherche d’accomplissement personnel, c’est tout un processus qui ne dépend pas forcément de soi même. Il y a des sujets qui traitent de ce « phénomène » un peu partout, j’ai d’ailleurs moi aussi fait une observation par rapport au besoin de « partir » que tout individu a ressenti au moins une fois dans sa vie, que ce soit pour un plus ou moins long terme ou juste pour la découverte d’autres horizons… rien qu’une semaine de vacance est aussi un dépaysement, une exploration de l’ailleurs.

Alors c’est vrai, même avant de revenir dans un endroit qui ressemble un peu plus à tout ce que j’ai vécu dans mon enfance ou jeune adulte (…. oui je suis passée maintenant dans la catégorie jeune quinqua « dynamique »), et bien je me suis ’interrogée sur l’intégration des personnes qui choisissent de quitter leur pays de toujours… Quoique je ne fais même pas partie de cette espèce!! Puisque mes parents étaient eux aussi des émigrés, et m’ont déracinée pour rentrer chez nous!! Un retour dans un pays qui m’avait vu naître, mais que je ne connaissais pas, je parlais juste la langue qui était restée bien au chaud dans le noyau familial… Je dis bien parler, car pour écrire le français la première fois de sa vie à 10 ans… il faut un sacré moral d’enfer!! Donc au final à des instants de ma vie j’ai du explorer les méandres de l’intégration.

Au moment de l’enfance, les déplacements géographiques sont perçus d’un autre œil, mon expérience… très mal vécue, je me suis sentie très mal accueillie avec sociabilisation difficile. Tout était si diffèrent… si froid… Peut-on en faire une généralité par rapport au pays? J’ai du quitter l’Italie, soleil, pizzas, glaces, vacances à la mer en camping, pour la Suisse en octobre 1978, brouillard, pluie, neige, vaches…. Ils n’ont sûrement pas eu le choix de la période, mais mes parents n’avaient pas vraiment optimisé le moment du retour au pays! J’étais tellement fâchée, que j’ai fait un blocage au niveau de la langue de Dante… je n’ai plus voulu la parler!

Avec le temps, petit à petit les amitiés se concrétisent, la vie reprend son cours, et on réussi plus ou moins son intégration. Jusqu’au jour où on se rend compte du potentiel culturel que l’on possède à l’intérieur…. J’ai commencé a reparler l’Italien (la coupe du monde Italie 90, nous fait redevenir tout à coup patriotique…!) et je me suis dit que c’était pas si mal de s’exprimer de différentes manières….

C’est là que se réveille la petite flemme et la petite voix intérieur qui dit « … si on partait de nouveau pour voir? »… ou juste regarder si l’herbe du voisin est plus verte…?

Bien sûr la routine du quotidien est vraiment difficile à casser (surtout quand t’as 3 gosses) jusqu’au jour ou on rencontre une personne qui regarde la même route, qui marche au même rythme, qui a vécu des expériences semblables… et on se dit, ouais!!! Allez, Go…

Sans a priori au niveau de l’endroit sur le globe, j’ai suivi le souhait de revoir l’Amérique du sud de son enfance! En effet l’Italie pour ma part je me la suis servie à toutes les sauces, donc un futur aux tropiques, pour voir autre chose, ça me tentait bien…. Nos connaissances jointes des déménagements émigrations, on se sentait fort, nos parents l’avaient fait,pourquoi pas nous? alors on a préparé tous ça avec des étoiles plein les yeux!!

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Je reviens donc sur ce que j’ai évoqué plus haut, le souhait de se fondre dans la masse est légitime, mais reste (in)dépendant de pleins de facteurs… Cependant les us et coutumes restent le premier point a considérer lors d’un désir d’intégration, avec ça le coefficient de volonté de vouloir ou réussir à le faire, mais aussi jusqu’où nous sommes prêts à nous compromettre…. sans perdre notre intégrité. Par la suite, il faut aussi savoir de quel groupe nous voulons appartenir, aux vrais gens du pays ou aux expats plus ou moins intégrés… Bon ça devient difficile et trop philosophique, un peu tiré par les cheveux…. Bref…. S’adapter à l’âge adulte est une tâche spéciale, chacun de nous a son propre vécu, émotions, failles ou accident de parcours. Il se peut que toute les petites blessures reviennent faire un p’tit coucou…. Aussi, il faut le dire, c’est un peu moins facile de faire des rencontres, car sans le vouloir on a inconsciemment dans un petit coin du cerveau des préjugés ou juste des appréhensions, qui freinent probablement les fréquentations. Allez, soyons honnête, les relations sociales ne sont pas si simple a gérer.

Ce que j’ai appris en quittant la Suisse qui m’a fait grandir pendant presque 30 ans, le slogan tous diffèrent, tous égaux, oui totalement au niveau de l’intégrité et la discrimination humaine, mais je ne suis pas sûre au niveau de la logique, de la réflexion, de l’organisation d’un pays, des habitudes culinaires, sans parler des religions… et ça sans jugement personne!!

Je n’ai pas su m’intégrer au Costa Rica, y a-t-il une raison? Il y en a plein et différentes pour chaque point de vue, ça n’a rien a voir avec le Pays en soi, simplement que au fil du temps certaines choses me manquaient, plus que je ne l’aurai pensé. Je m’en rend compte maintenant que je suis revenue en Europe, ça passe aussi par la nourriture, je m’aperçois que mes intestins sont bousillés par les bactéries qui ne sont pas les même d’où l’on vient… on parle souvent de l’intégration sociale, mais celle alimentaire et/ou climatique existe également… c’est juste moins abordé! Mais surtout on s’en aperçoit qu’après. Peut-être que le malaise ressenti ou les problématiques relationnelles sont juste la partie apparente de l’iceberg. Ce que j’ai pu constater, et c’est aussi la démarche que j’ai voulu approfondir, ce sont les problématiques de la vraie fusion, l’intégration n’existe plus vraiment. Du moins j’ai le sentiment qu’auparavant nos émigrés des années 60-70 s’intégraient beaucoup mieux que nous le faisons aujourd’hui. Le boum des dernières années des « TDMiste » et des expats, déstabilise l’équilibre des pays, tout ce brasse, culture, modernisation, photos qui tournent et sont vues par des milliers de personnes, google Maps avec son petit bonhomme… Je trouve certains expats blasés de leurs vies ou d’autres cherchant la perfection de leurs exils en se donnant bonne conscience, exhibant leur vie idéale…

En oubliant les vrais gens du pays, auquel on devrait donner toute notre empathie pour le tort qu’on leur fait…

Evidemment je fait partie du cercle, j’ai aussi prétendu vouloir me confondre dans la vie des gens de là-bas…. Mais ça ne marche pas comme ça… J’ai toujours aimé étudier le comportement des individus, encore plus les personnes d’ailleurs, non pas pour critiquer, mais pour constater, observer les façons de faire, de réagir. Surtout le positionnement que peuvent prendre les populations qui sont nées et vivent sur place. Je trouve que dans certains pays, c’est exagéré. Sous prétexte de la recherche d’exotisme, on s’est permis de coloniser certaines parties des terres qui n’étaient pas à nous… D’ailleurs ma plus grande constatation du Costa Rica a été que, à mon avis, la technologie s’est développée beaucoup trop vite par rapport à la capacité d’absorption du peuple.

En résumé tout ce débat pour constater que la conquête d’autres horizons reste le cycle de la vie. Nous ne partons plus sur les trois Caravelles comme Christophe Colomb, mais avec tout nos moyens modernes que nous avons développé (et accepté)….

 

3 réflexions sur “Mon integration…. #HistoiresExpatriées

  1. Je l’ai déjà dit mais je t’envie. Tu n’as pas eu peur de larguer les amarres et de partir vers l’inconnu. Je connais les soucis et embarras alimentaires et de santé, ce qui fait que je ne pourrais plus partir ainsi loin de chez moi. J’aurai du le faire avant, quand j’étais jeune.
    Ma plus grande « aventure » a été de quitter mon Nord natal (Tourcoing) pour vivre en Vaucluse, nous avions 5 enfants (de 2 à 12ans) une maison et du boulot. En 1980. Pour vivre en HLM et un travail en intérim pour mon mari. Je ne l’ai jamais regretté et d’ailleurs j’y vis encore.

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